TIEDO

Avant de constituer un un pays, le Sénégal était divisé en sept royaumes, défendus par des chevaliers et dont les prouesses étaient contées par les griots du roi.

Un tiédo est un noble chevalier de la couronne (quelle qu’elle soit et où que ce soit dans toute l’étendue du Djoloff (Cadior, Baol, Sine, Saloum, Fouta, Walo, Boundou, Gandiol, Niani). Longtemps réfractaires aux tentatives d’islamisation, de christianisation, et de colonisation, ces cavaliers rebelles constituent alors une forme d’aristocratie rurale. Les colons européens portaient une aversion profonde envers les tiédos car ceux-ci ont été les pionniers de la lutte contre la colonisation.

Les Tiédos étaient surtout présents dans le Cayor, le Ndiambour, le Djolof, le Waalo, le Baol, Fouta-Toro, le Sine et le Saloum. Ils portaient les cheveux tressés parfois agrémentés d’ornements en or, ou des dreadlocks, sur leurs vêtements toutes sortes d’amulettes, et de bijoux. Ils avaient les oreilles percées en signe de noblesse et de refus de la conversion musulmane dans la société wolof. La plupart était d’origine wolof, mais les thiédos étaient aussi souvent Peuls, Sérères, Mandingues ou Maures. Ils étaient réputés pour leur force et leur cruauté à la guerre, comme pendant les razzias. On peut citer parmi les célèbres tiedos Demba War Sall, qui était le Farba Kaba, chef des Tiedos de Lat Dior, qui s’est finalement dressé contre Lat Dior, lorsque celui-ci est devenu musulman. Les Ceddos luttèrent aussi bien contre l’avancée de l’impérialisme arabo-musulman.

Les Tiédos étaient très attachés aux valeurs et à la spiritualité traditionnelle. Le mot Tieddo désigne aussi la tradition d’origine des Wolofs. Durant le XIXe siècle, on assiste à une véritable insurrection de cette classe guerrière, suite au bouleversement de la société, marquée profondément par la traite atlantique et l’avancée des colons européens. Au temps de la pénétration des colons français, les Tiédos devinrent de grands résistants, s’organisant, pratiquant la guérilla, ils étaient les gardiens de la tradition tiédo. Pour eux l’honneur (« Jom » – le principe de Jom Sérères2) était la plus importante des valeurs, ils n’avaient nulle peur de la mort et c’était une honte pour un thiédo d’aller à la guerre avec son ami ou son frère et de revenir sans lui : il préférait se faire tuer ou se suicider sur place plutôt que d’être accusé de fuite devant l’ennemi.

Le mot Ceddo est aussi utilisé chez les Peuls et les Toucouleurs. Il désigne chez les Toucouleurs le noble guerrier d’origine purement royale et aristocratique, souvent c’est un Peul, de la caste des Sebbe. (Voir les Mbegnu Ghana). Les Denyankobé – dynastie de Koly Tenguella –, premier Saltigui du Fouta-Toro, sont de la classe des guerriers Ceddo.

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