ANNEXES

 

Une Histoire Mythigée I

[L]ES ESPACE[S] UTOPIQUE[S]

Les hétérotopies

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Bricolage d’histoires

Le récit ou raconter l’Histoire

L’Histoire d’un pays se place en tant que trame linéaire dans un espace donné, presque figé, ce que nous appellerons plus communément « La Grande Histoire », relatant des faits qui en amont on été validé par le corps Étatique, autrement dit le pouvoir.

Cette histoire aurait pour but de réunir sous un même glas la majorité, poussée à se reconnaitre dans une multitudes de concepts, identité, culture, authenticité… Je me pose ici la question de la construction de ces concepts, comment les mène-t-on vers le danger, c’est à dire le dogme de la vérité.

Quand pour connaitre le passé d’une société, nous nous servons de ce qu’on nous en raconte aujourd’hui, nous rendons à traiter les récits recueillis comme matériau dont il faut seulement extraire, par des opérations plus ou moins méthodiques et contrôlées, une certaine quantité d’infirmations. La production de récits, s’appuyant sur matériau narratif devraient être prise en compte dans la construction de l’Histoire. Ce matériau narratif, accompagné d’une étude sociologique trouverait une légitimité à par entière dans cette construction.

Les différents mode de récits, de narration devraient prendre leur place. La science-fiction elle même se trouve souvent être une réflexion, un reflet de nos sociétés, les concepts abordés dans ce mode de récits sont pour moi aussi légitime que des concepts philosophique, ou sociologique. Nombre fois, par le biais de l’anticipation, ces textes nous ont montré leur force de dégager des problématiques sociétales, et politiques sans passer par la rhétorique.

acte_3 RA

Les Pharaons noirs Saturniens

Coiffe aux sequins dorés, boubou tissé au fil d’or, sceptre de cristal. Les attributs pharaoniques de R., fils de Saturne scintillaient comme son étoile vue de la terre. Nous n’y étions plus sur cette terre à laquelle il disait ne pas appartenir. Son règne commença en 1937 lorsqu’il affirma avoir fait l’objet d’une téléportation sur Saturne. Deux siècles plus tard, grâce au Mothership, R., accompagné de son Arkestra avait laissé sur cette planète son empreinte.

Une civilisation était née celle du temps des pharaons saturniens.

L’image de Sony’R le grand, était celle de l’homme qui fuya les Etats-Unis, ce temps ou  hommes et femmes à la peau noire n’avaient pas leur place. C’est ainsi que fut emmené sur Saturne, il y a maintenant deux siècles un peuple opprimé, trouvant espoir dans une utopie intergalactique comme il avait l’habitude de l’appeler.

Aujourd’hui, en 2137, la genèse de cet homme est établie comme ordre immuable.

Certains avaient appelé ce mouvement « La renaissance africaine » comme d’autre l’avait simplement désigné comme un renouveau.
L’histoire ce peuple avait été rattachée à l’Égypte, comme terre de leurs ancêtres. Les parures pharaoniques des dirigeants de l’assemblée nationale donnaient à voir un arc flamboyant de chapeaux, et parures aux toisons d’or.

La musique était devenue sur Saturne une arme puissante, les fréquences des synthétiseurs de la garde saturnienne pouvaient paralyser n’importe quel individu. Cette armée avait été créée en 1960 en pleine guerre froide afin de protéger cette nouvelle civilisation encore fragile. Les recherches menées par les scientifiques saturniens avaient finie par engrangées un panel impressionnant d’instruments de défense. Le plus utilisé était le synthétiseur SPACE-AK3000 accroché en bandoulière sur le torse de ces soldats.

Le palais de Ra était bien gardé, pour y entrer il fallait passer par la grande allée aux Sphinx dont le visage était celui du maître des lieux. Posés des deux côtés de l’entrée royale, les Sphinx imposants allongeaient et rendaient le parcours infini. Les plus riches habitants de Saturne empruntaient cette allée avec leurs vaisseau flottant à une allure, mais les sort du plus pauvre était de marcher afin de parvenir aux quatre-cent marches qui menaient à la grande porte dorée du palais. Les deux grands pans en or de cette entrée, gravés de signes géométriques reprenaient un poème de R. « Like the Universe », emprunte de sa philosophie cosmique comme il la nommait.

Cette typographie semblait se rapprocher du tifinagh, une écriture berbère aussi utilisée par les Touaregs. Le relief doré laissait apparaître de courtes lignes imbriquées les unes aux autres. Cette écriture avait réintroduite par R. au début de son règne et étudié comme langue ancienne dans les écoles. Il n’était pas rare de croiser des encarts publicitaires traduits par ces formes géométriques. D’ailleurs les panneaux indiquant le palais n’utilisaient que le tiffinagh.

Le style architecturale de la bâtisse mélangeait, palais égyptien aux lignes droites et celui de mosquées aux toits arrondis. Etonnante hybridation qui pour des terriens n’avait rien de commun.

Peu de personnes avaient le privilège de s’aventurer dans le palais royal de R. Les chanceux pouvaient y découvrir des objets récupérés sur terre datant de l’Egypte antique. Des morceaux d’histoires trônaient dans les allées du palais, lui donnant une ora sacrée.

Des parchemins, des statuettes, toutes annotées de petits cartels en bronze précisant, le lieu, et la date de provenance. Un musée avait été constitué pour R, lui uniquement, son plaisir de pouvoir saisir entre ses mains un bout d’histoire; celle qui lui semblait importante.

La salle du trône se trouvait face à l’entrée, en ouvrant les portes, on découvrait au bout de cette allée-musée le trône de R. Disposés autour de lui, les instruments de musique de son Arkestra, nous montrant à quel point son rôle était primordial dans l’accomplissement politique.
Chaque matin, à huit heure précisément, R accompagné de l’Arkestra jouait des airs diffusés à grande enseigne des les rues de la ville. Le jazz afrofuturiste de cet orchestre rythmait les débuts de journées des habitants de la ville.

Il y a un siècle, un conflit ébranla cette civilisation saturnienne, la question était de savoir si le pays devait accueillir uniquement des personnes à la peau noire ou ci ce renouveau était accessible à l’humanité toute entière. Les réponses furent vives et multiples, et nous constations les dérives d’une pensée parfois trop extrémiste, comme la réponse, dans une lettre ouverte, d’un des fondateur du mouvement « Pour le retour à une authenticité africaine-saturnienne».

« Chers Africains-Saturniens,
Le mot victime n’a pas de temporalité, nous l’avons conjugué au passé et je m’oppose à le conjuguer au présent.
Notre terre qu’est Saturne sur laquelle nous avons migrés en tant qu’opprimés il y a deux siècle déjà, nous appartient, nous hommes à la descendance africaine. Ce voyage fut rendu possible par notre force et notre détermination à construire une société nouvelle, la nôtre, dans laquelle nous y avons créé notre sens de la politique, développé notre propre culture, et réinventé notre identité autrefois perdue. Le rêve d ‘une terre aux